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L'entretien du mois : Philippe Quintais : à la pétanque, c'est l'amitié qui fait gagner

Posté par BOULEGANle 2/2/2011 6:00:00 (284 lectures) Articles du même auteur

L'entretien du mois

Philippe Quintais : c'est l'amitié qui fait gagner !

Diaporama STARS & LEGENDES : Philippe QUINTAIS (Mode plein écran en haut à droite

Même s'il ne devrait pas manquer d'écrire encore quelques belles pages de l'histoire de la pétanque, celui que beaucoup considèrent comme le plus grand joueur de tous les temps a donné récemment, avec sa décision de quitter le DUC de Nice, une nouvelle orientation à sa carrière. Une carrière extraordinaire, qui l'a vu revêtir douze maillots arc-en ciel et huit bleu-blanc-rouge, triompher quatre fois à Marseille et quinze fois à Millau, et imposer sur tous les terrains l'une des pétanques les plus brillantes et les plus maîtrisées de l'histoire du jeu. Le moment semblait propice à un premier bilan, et à l'évocation des différentes équipes qui ont construit, depuis près de vingt-cinq ans, la légende du Roi Philippe.

Après le Trophée des villes en décembre dernier, c'est une page qui s'est tournée pour vous sur cette ultime victoire avec le DUC de Nice...

Oui, c'est le mot exact. La vie est faite pour tourner des pages, donc j'ai tourné la dernière pour Nice, maintenant on va voir ce qui se passera ensuite.

En même temps, c'est l'occasion pour nous de faire un bilan d'une carrière extraordinaire, ...



... exemplaire à plus d'un titre, et puis d'évoquer les différents partenaires avec qui vous avez joué. Par qui on commence?

La première grosse partie dans laquelle j'ai eu la chance de jouer, c'était avec Simoës et Passo. Ça n'a pas duré très longtemps, mais on s'est vraiment fait plaisir : on a été deux fois champions du monde, une fois vice-champions, et puis ça sûrement été une des premières Dream teams, avec un taux de réussite impressionnant, et des victoires dans beaucoup de belles compétitions. C'était du jeu très offensif, du très beau jeu.


Philippe Quintais, Georges Simoës et Michel Schatz "Passo"
Championnats du Monde 1992 à Aosta (Soumis par Paul-Henri Allongue, "polo")

 

On a senti beaucoup d'amusement dans cette partie, de plaisir de jouer, et une simplicité dans vos rapports avec Passo notamment, où on avait le sentiment que tout était facile ?

Oui, c'était une partie à grand spectacle, avec un jeu basé sur le tir : nous étions capables de très bien tirer tous les trois. Je pense que c'était une équipe qui était jolie à regarder. Je m'entendais bien avec Simöes, et encore plus avec Passo; malheureusement notre association a été brève, il est rentré ensuite dans le team Nicollin pour jouer avec Marco Foyot, et ça a été la cassure de cette partie.

 

D'autres parties nous ont séduit également. Celle que vous avez formé avec Laurent Morillon et Jean-Luc Robert a été aussi un grand moment...

Jean-Luc Robert, Philippe Quintais et Laurent Morillon,
vainqueurs du Challenge des As 1996 - (Soumise par Sylvain Bonnet "SYLVAIN")

Oui, en effet, c'était spécial. Nous étions, et nous sommes toujours, des amis intimes : on partageait bien autre chose que la pétanque. Il y avait, là aussi, un jeu très offensif, avec un Laurent Morillon au sommet de son art : c'était un très grand tireur, avec un style magnifique et des pourcentages impressionnants. Jean-Luc, lui était un excellent pointeur, capable de finir les mènes d'attaque : on se régalait. Malheureusement, on n'a fait qu'un championnat de France ensemble, car Laurent est parti vivre dans le Sud.

Une équipe complétée par la suite par Jean-Pierre Lelons, ou Raphaël Rypen. C'est aussi des souvenirs, ces années-là ?

Oui, de très bons souvenirs. C'étaient des tireurs purs, avec qui je n'ai pas eu autant de réussite qu'avec Laurent, qui n'était pas évident à remplacer, mais avec lesquels je me suis régalé aussi : ce sont des gens charmants, on a fait du beau jeu, passé de beaux week-ends et il m'en reste des tas de souvenirs intéressants.

Vous aviez une amitié particulièrement forte avec Jean-Luc Robert...

Jean-Luc, ça restera le partenaire de ma vie, forcément. Ce que je recherche auprès d'un partenaire, c'est plus qu'une association pour des concours de pétanque : c'est un ami, quelqu'un qu'on peut appeler à tout moment si on a un problème dans la vie, et Jean-Luc c'était ça. Ça n'a d'ailleurs pas été facile pour lui, car il a passé des années à entendre des gens me dire "Pourquoi tu joues avec lui?". En fait aucun joueur, si ce n'est Henri, n'a jamais pu me donner ce que m'a donné Jean-Luc : une confiance à toute épreuve. Il m'a aidé à bien jouer : il me valorisait tellement, me mettait tellement à l'aise et me faisait sentir tellement confiant que tout devenait plus facile.

A l'inverse, certaines associations, dont on attendait beaucoup, nous ont laissé un peu sur notre faim. Je pense notamment à la partie que vous avez formée en Seine-et-Marne avec Didier Choupay et Alain Bideau, qui étaient au top à l'époque.

Marathon de Cluses à pétanque 1990

Didier Choupay, Alain Bideau, Philippe Quintais et Jean-Louis Cazemajou
Marathon de Cluses à pétanque 1990 - (Source La Gazette du Pétanqueur, soumise par "jacpetanque")

Ce sont les inconvénients de l'existence : Didier est quelqu'un que j'apprécie beaucoup dans la vie, mais avec qui j'ai eu du mal à m'entendre dans le jeu. Du coup, on n'a pas trouvé l'osmose nécessaire pour faire mieux que ce qu'on a fait. On a joué deux ans ensemble, sans parvenir à atteindre nos objectifs : nous avions des résultats dans les nationaux, mais dès qu'on jouait en championnat, on ne parvenait pas à briller. On s'est donc séparés, car je voulais rentrer chez moi : j'étais depuis deux ans au Star's Masters, et je n'y avais pas trouvé mon équilibre, je suis revenu à Hanches.

Vous avez tout de même été champions du monde ensemble, en compagnie de Christian Fazzino : une équipe très forte, qu'on a pourtant vu dérailler la deuxième année. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Championnats du Monde 1998 à Maspalomas (Espagne)

Michel Briand, Didier Choupay, Christian Fazzino et Philippe Quintais
Championnats du Monde 1998 à Maspalomas (Espagne) - (Soumise par "jacpetanque")

Ça prouve que ce ne sont pas les individualités qui font la valeur d'une équipe. Ce sont des gens que je respecte énormément dans la vie, mais avec qui je n'éprouvais pas spécialement d'envie ou de plaisir de jouer. Ceci dit, ce championnat du monde à la Réunion s'est déroulé dans un contexte très spécial, avec un public à cent pour cent contre nous, qui nous a charrié et chambré pendant deux jours : on sentait vraiment qu'on jouait à l'extérieur. Quant à l'équipe, on n'a pas joué souvent comme ça et on n'a pas eu le temps de rôder des automatismes : je pense que si on avait continué tous les trois, on en aurait sûrement plus gagné qu'on n'en aurait perdu.

Je me souviens également d'un championnat à Bruxelles, avec David Le Dantec et Philippe Suchaud, tout jeunes à l'époque. Un bon souvenir aussi, je suppose ?

Ça, ça rentre dans le cadre de ce que j'aime le plus, comme je le disais tout à l'heure : Philippe et David sont deux super-copains, et il y avait une entente qui allait au-delà de la pétanque. Là, il y a un grand plaisir à jouer ensemble et c'est ce plaisir qui fait la force de l'équipe. C'est ça le sport : au départ, on joue pour soi, pour gagner et se faire un palmarès, et puis on apprend à jouer pour les autres, pour faire gagner les copains. Lorsque ce n'est pas le cas, c'est beaucoup plus difficile de gagner.

Championnats du monde 1995 à Bruxelles

David Le Dantec, Philippe Quintais et Philippe Suchaud
Championnats du monde 1995 à Bruxelles - (Soumise par Colette Verdier, "cocogigi")

Je me souviens d'un bouchon très difficile à tirer, qu'il fallait sortir absolument : vous avez demandé à Le Dantec de vous laisser le faire et vous avez réussi. Qu'est-ce qui se passe dans ces moments-là, d'homme à homme ?

Si vous jouez avec deux très bons copains, qu'il y a une confiance mutuelle, il n'y a pas de problème. De plus, à ce moment-là, j'étais en quelque sorte le maître à jouer de l'équipe, avec deux jeunes joueurs qui débutaient. Quand vous êtes trois grands joueurs, c'est parfois plus difficile de décider qui des trois doit y aller, et si c'est raté, on peut regretter son choix. Là il n'y avait pas ce genre de problème : chacun avait sa place, tout se faisait dans une entente extraordinaire, et quand c'est comme ça, on est obligé de bien jouer.

Ce qui m'avait frappé d'ailleurs à ce moment-là, et que j'avais trouvé très touchant, c'était le sentiment que David le Dantec acceptait pleinement et sereinement le risque.

Oui, c'est d'ailleurs ce qui fait sa force : il fait entièrement confiance à ses partenaires, et les met donc dans la meilleure disposition pour aller réussir des coups importants. C'est ça la force d'une équipe : si vous sentez que votre partenaire est hésitant, ou qu'il ne vous fait pas confiance, vous allez dans le rond en sachant que si vous manquez votre coup, il va y a voir des reproches ou des regrets. Quand vous jouez avec des gens comme David, ou Jean-Luc Robert, ça n'arrive pas : vous allez au rond, si c'est réussi, c'est formidable, si c'est raté, on n'en parle plus et on retient juste qu'on a tenté quelque chose.

C'était le premier titre mondial en compagnie de Philippe Suchaud, dans une liste qui allait devenir longue, ce qui nous amène à Henri Lacroix et à la naissance de ce qu'on a appelé la Dream team. Ca ne s'est pas fait facilement, cette composition, ça a pris du temps...

Il faut savoir que la première fois que j'ai joué avec Henri, on ne se connaissait pas, c'ét
ait pour un championnat du monde à Monaco. L'alchimie s'est faite toutefois très rapidement : c'est quelqu'un qui m'a donné toute sa confiance, ça été réciproque, tout ça a bien pris tout de suite, et vous connaissez le résultat. En fait, nous avons un jeu très comparable : on a la même façon de mener le jeu, on est tous les deux de vrais milieux, plus que des tireurs purs ou de vrais pointeurs, même s'il nous est arrivé de tenir ces postes. C'est un peu mon successeur : c'est lui qui fait aujourd'hui ce que je faisais avant, et il le fait bien, le bougre!

Et cela devrait durer... Je me souviens aussi des championnats du monde de tir, il était à vos côtés : là il n'avait rien à gagner, c'était vraiment un soutien moral, affectif, amical qu'il vous apportait. C'est précieux, ça ?

Henri Lacroix et Philippe Quintais, champion du monde tir de précision 2002 - (Photo jacpetanque)

Bien sûr. C'est Jean-Luc qui le faisait auparavant, c'est Henri qui a repris les rênes ensuite : ça, ça ne peut marcher qu'avec un vrai ami. Si vous sentez la personne qui est à vos côtés aussi heureuse que vous de votre victoire, c'est qu'il n'y a pas la moindre jalousie, pas la moindre discorde. Ça ne peut pas marcher avec cinquante personnes, ça ne peut marcher qu'avec une ou deux personnes dans votre vie, pas plus.

Là vous êtes retourné à Hanches. J'aimerais parler des partenaires de vos débuts, Christophe Corniaux, Hervé Concedieu, est-ce que vous avez des chances de les retrouver ?

Christophe joue très peu à présent, on ne le voit plus très souvent, Hervé joue beaucoup moins également. Je vais les retrouver forcément comme partenaires de club, mais rien ne dit qu'on jouera ensemble. Les équipes sont déjà montées, et je n'arrive pas à Hanches pour prendre la place de qui que ce soit : je ne l'ai jamais fait et ce n'est pas maintenant que ça va commencer. Si une place qui se libère, je la prendrai, s'il n'y en a pas, je ferai une année sabbatique au niveau des championnats, et puis on verra l'année d'après.

De toute façon, ça n'est pas ma priorité aujourd'hui : je rentre sur Dr eux parce que je vais y trouver un intérêt professionnel plus qu'important, et il faut bien comprendre que si la pétanque rapporte de l'argent, elle ne permet pas d'en vivre de façon normale. J'en profite d'ailleurs pour dire aux jeunes que si on n'a pas un boulot à côté ou qu'on n'a pas d'autres projets dans la vie que faire des tournois de pétanque, il va y a voir un gros problème un jour ou l'autre. On ne cotise pas pour la retraite, on n'a au cune couverture sociale, et si on peut espérer qu'il y aura un jour des professionnels ou des semi-professionnels dans ce sport, on en est encore loin. En ce qui me concerne, j'ai quarante-deux ans, et si je ne suis pas suffisamment intelligent pour profiter d'une opportunité pareille, je vais sûrement avoir des problèmes un jour dans ma vie. Ceci dit, je le fais avec d'énormes regrets parce que je casse une équipe extraordinaire, mais la vie offre parfois des opportunités qu'il faut savoir saisir.

En évoquant votre carrière, on s'aperçoit qu'elle représente tout un pan de l'histoire de ce sport, et qu'on a eu beaucoup de chance d'y assister. Est-ce que vous avez, vous, le sentiment d'avoir vécu des choses tout à fait exceptionnelles, d'avoir effectué dans le monde de la pétanque une carrière hors-normes ?

Bien sûr, et c'est même plus, c'est une vie, puisque j'ai eu la chance de commencer très tôt à haut niveau. Mais ce ne sont pas, je crois, les résultats qui me resteront en mémoire quand je penserai à ma carrière. Ce sont plutôt les moments que j'ai vécus, dans la victoire mais aussi dans la défaite, les amitiés, les gens que j'ai rencontrés grâce à la pétanque : beaucoup font partie de ma vie aujourd'hui. Quand on passe plus de temps sur les terrains qu'à la maison, les amis passent parfois avant même la famille. On se crée une vie dans ce milieu : je m'y suis régalé, j'y ai rencontré tout un tas de gens intéressants et importants pour moi, et ça va rester. Imaginez, si je cessais de jouer, je perdrais de vue tous ces gens que j'adore, et ça c'est pas possible. La pétanque m'a apporté tout ça.

Philppe Suchaud, Henri Lacroix et Philippe Quintais
Championnat de France 2010  (Photo jacpetanque)

Une carrière qui est loin d'être terminée, donc...

J'espère, mais elle va être différente, c'est sûr. J'ai commencé par arrêter l'équipe de France, à présent j'arrête le DUC de Nice, ce qui va encore changer beaucoup de choses. Maintenant, je vais jouer pour le plaisir, je vais profiter d'autres bons moments avec mes amis, je gagnerai sûrement moins souvent, mais ce n'est pas grave : la défaite ne me fait pas peur, l'important c'est qu'il y ait toujours du plaisir à jouer.

Propos recueillis par Yves Clément "yves"



Posté par BOULEGANle 8/6/2011 9:20:00 (6850 lectures) Articles du même auteur

L'entretien du mois

Philippe Suchaud, la force tranquille

 

Seize ans ans après son entrée en équipe de France, le sociétaire du DUC est toujours, de par son exceptionnelle maîtrise et de par son rendement lors des parties à fort enjeu, un des indispensables de la sélection nationale. Il y a pourtant un mystère Suchaud : dans un monde où les tireurs aiment briller et éblouir, la placidité et la discrétion du champion du monde, alliées à une force mentale et une confiance hors du commun, étonnent et forcent le respect. Après deux extraordinaires saisons qui ont démontré qu'il était toujours le maître-tireur de la planète pétanque, celui qui se définit, après avoir triomphé dans le monde entier, comme un "petit campagnard", est revenu pour boulistenaute sur son phénoménal parcours.

Un mot d’abord sur une actualité extrêmement récente : le nouveau record de tir établi le mois dernier à Dreux, avec de grosses moyennes de la part de tous les tireurs présents…

Oui, çà s’est bien passé. Je n’étais moi-même, comme Christian (Fazzino), pas assez content...

 



... de ce que j’avais fait, avec une moyenne en-dessous ce dont j’étais capable, mais çà a suffi. J’avais confiance dans les jeunes, et j’avais raison : ils ont tenu leur rôle.

La saison 2011 a donc bien commencé, après une belle victoire à l’International de Cannes avec la Dream team et un nouveau succès du DUC à la Coupe de France. Un échec pourtant, avec ta défaite en demi-finale du championnat des Alpes-Maritimes doublettes. Pas de championnat de France dans cette catégorie et une déception, je suppose?

Oui, j’étais assez énervé d’avoir perdu cette partie, même si c’était logique : nous avons été moyens et les autres (Armando et Zangarelli) étaient au-dessus. Ce qui m’a surtout agacé a été de ne pas être qualifié pour la ligue. Faire une ligue à seulement six équipes en PACA, avec le niveau qu’il y a, est assez pénalisant je trouve, surtout si l’on compare avec les modes de sélection des autres régions.

Tu es champion de France triplettes et tu as pourtant dû passer par les qualificatifs, en raison du départ de Philippe Quintais des Alpes-Maritimes. C’est Simon Cortès qui le remplace : qu’est-ce que çà va changer ?

Beaucoup de choses. Simon est un tireur, et pourtant je pense qu’il va devoir souvent tenir le poste de pointeur laissé par Philippe. En tous cas, je le vois comme çà : Riton (Henri Lacroix) est trop bon au milieu pour changer de poste. Après, on verra, ce sera selon la forme du moment.

 

 

Quintais a quitté le DUC, mais vous avez quand même programmé quelques concours avec lui. En dehors des Masters, où est-ce qu’on verra la Dream team cet été?

A Millau, et à l’Europétanque.

Les championnats d’Europe vont avoir lieu en août, et c’est le premier événement international depuis bien longtemps qui verra une équipe de France sans Philippe Suchaud. Cette décision de la DTN, tu l’as prise comment?

J’ai eu le temps de la digérer, puisqu’on nous en a prévenus avant les Mondiaux d’Izmir. La DTN a voulu lancer des jeunes, c’est assez normal. Je suis moins d’accord par contre par rapport à Loy, qui n’est pas un jeune : associer Henri et Dylan aurait été plus logique.

En ce qui me concerne, je suis déçu de ne pas pouvoir défendre notre titre. Mais c’est comme çà.

Depuis dix-sept ans, tu t’es imposé comme le meilleur tireur français. Je voudrais qu’on revienne sur ce parcours qui a commencé en 1994, par une rencontre avec Daniel Voisin et Christian Fazzino…

Oui, je venais de revenir dans l’Allier, après plusieurs années passées à Paris, où j’étais cuisinier. Avec un collègue, Emilien Falcon, j’ai battu Christian et Daniel dans le championnat doublettes et nous nous sommes qualifiés pour le France, où nous avons perdu en huitièmes de finale contre Khaled Lakhal. Ensuite, nous avons gagné Cournon avec Christian Fazzino et j’ai gagné Millau en doublettes avec Daniel Voisin. L’année suivante, je suis devenu champion de France doublettes avec Daniel.

Et une finale disputée face à Foyot et Passo, avec une histoire de chaussure...

(Rires) Oui, mais tu sais, Daniel avait vraiment une ampoule au pied. Quand nous étions menés 0-6, il est sorti pour la faire soigner. Alors Marco est sorti aussi, en disant qu’il avait lui aussi une ampoule... Ensuite, la partie a repris et elle a tourné à notre avantage. C’était un peu chaud, mais il y a eu d’autres moments chauds contre Marco. Maintenant, avec le recul, c'est une histoire plutôt marrante. En tous cas, c’était mon premier titre et çà reste un très bon souvenir.

Et quelques mois plus tard, tu fais ton entrée en équipe de France : tu ne vas pratiquement plus la quitter, et c’est la naissance d’une longue histoire avec Philippe Quintais. Il représente quoi pour toi?

Je n’avais joué qu’une fois avec Philippe : c’était l’année d’avant à Kerlouan. Christian (Fazzino) et Daniel (Voisin) m’avaient lancé et ont beaucoup compté pour moi, mais Philippe, c’est autre chose : on partage la même passion pour la pétanque, pour les bonnes bouffes, mais aussi pour beaucoup d’autres choses. Nous sommes assez différents, je suis beaucoup famille-maison, lui est plutôt voyages, mais on aime passer du bon temps ensemble. Je me sens un peu seul depuis son départ du DUC.

On a vu ensuite apparaître un nouveau tandem, celui que tu formes avec Henri Lacroix. Qu’est-ce que tu dirais sur lui?

Il y a beaucoup d’entente, on se connaît bien. J’étais un peu inquiet au début, quand Philippe a quitté l’équipe de France, car il gérait très bien Riton, et puis il n’y a eu aucun problème. Là aussi, il y a une entente qui existe dans les boules et en dehors, et qui existe aussi avec Le Boursicaud et Grandet : c’est très important pour gagner.

Quand on te voit jouer, on a la sensation que tu es imperméable à tous les aléas de la partie, que tu gardes ton calme quoiqu’il arrive. C’est une réalité, ou est-ce qu’il y a quand même quelques émotions sous l’armure?

En fait, je suis plutôt un émotif. Il y a beaucoup de choses en moi durant une partie, beaucoup de stress. On me pense assez calme, mais je suis quelqu'un de plutôt speed. Dans ma vie de tous les jours, j’ai beaucoup d’activités, je fais toujours beaucoup de choses à la fois. Mais je suis gagneur, et la pétanque est un jeu où il faut rester calme : c’est ce que j’essaie de faire.

Tu viens de réaliser deux saisons colossales, en gagnant la presque totalité des grands concours auxquels tu as participé. En cherchant bien, on trouve une défaite en demi-finale des Masters 2009 contre les Thaïlandais, une en huitième de la Marseillaise 2010 contre Dylan Rocher et une défaite en finale à Millau contre Rypen. Quand on gagne tout, comment on vit ces rares défaites ?

Bien. Quand j’étais plus jeune, je pensais que la pétanque allait m’apporter beaucoup plus, et je détestais perdre. Maintenant je trouve que peu importe, pourvu qu’on ait le plaisir de jouer.

Qu’est-ce que tu attendais de plus de la pétanque ?

Quand on a été neuf fois champion du monde, ou douze fois comme Philippe (Quintais), on ne devrait pas être encore obligé de travailler. Cela prouve que la pétanque manque encore de sponsoring et de médiatisation. Alors on fait avec, mais une chose est sûre : aussi bon qu’on soit, on ne peut pas vivre de ce sport.

Tu as souvent dit que tu n’étais pas bon le matin, alors qu’on t’a souvent vu faire de super-moyennes avant midi. De la même façon, tu déclares ne pas trop aimer le tête-à-tête, alors que tu as gagné celui de Millau et fait une finale du France. C’est une façon de cacher son jeu ou bien cela signifie qu’un Suchaud pas très bon, c’est aussi fort que les autres en pleine forme?

(Rires) Non, non. J’aimais le tête-à-tête quand j’étais jeune, moins ensuite. J’adore surtout la doublette : c’est pour cela que je suis agacé de ne pas aller à Rennes.

Quant au fait de jouer le matin, j’ai toujours eu du mal. Pourtant, j’ai l’habitude de me lever tôt : je fais sonner le réveil à trois heures tous les jours, du lundi au jeudi, pour aller travailler. J’ai un arrangement avec la société Bigard, qui m’emploie, et je fais mes trente-cinq heures comme çà.

Tu as remporté le Mondial la Marseillaise dès ta première tentative, avant de faire le doublé l’année suivante. Ce concours, qui a vu les défaillances des plus grands, n’a semblé avoir aucune prise sur toi. Pourtant, tu as mis plus de dix ans à venir le disputer : pourquoi?

J’en avais beaucoup entendu parler, jamais trop en bien. Mais surtout, j’avais dit à Philippe que je ne descendrais le faire que lorsque nous aurions un sponsor qui prendrait en charge les frais. Le Mondial dure cinq jours, et il n‘y quasiment rien à gagner en regard des dépenses qu‘il engendre.

Tu sais, j’ai une famille à nourrir et je ne vais pas aux boules pour perdre de l’argent. S’il n’y en a pas, je reste chez moi et je travaille. C’est comme çà.

Ceci dit, j’adore la Marseillaise. Je trouve que les conditions de jeu sont formidables, avec trois parties par jour. Je m’y sens bien, nous n’avons jamais eu de problèmes. Je me régale.

Le seul point noir, ce sont les prix. Avec le budget qu’ont les organisateurs, ils pourraient en faire profiter plus les joueurs. Ceci dit, c’est un très beau concours, et j’encourage chaque année beaucoup de gens à venir le faire.

 

 

Contrairement au x autres très grands champions, tu n’as pas de marque de vêtements, pas de site internet. C’est voulu, cette attitude discrète, çà correspond à ce que tu es vraiment?

Je n’ai jamais fait partie du monde des affaires, je n’ai pas de contacts avec lui. Tu sais, je suis un petit campagnard, dans le fond. J’aime les boules, mon travail, ma famille : c’est mon monde, même si j’aime bien voyager. Je suis quelqu’un de tranquille, de réservé.

Tu es pourtant à l’origine de quelque chose d’assez unique : un club de pétanque intitulé « Les amis de Philippe Suchaud ». C’est né comment?

C’est une histoire assez sympa. Je voulais acheter un portail, et un ami m’a présenté un fabricant, Jean Morlot. Il m’a fait un devis, et on a fait connaissance.

Quelques temps après, il a pris sa retraite, a fait des fêtes chez lui auxquelles il m’a invité, et on a sympathisé. Et puis il a eu l’idée de créer cette association qui devait au départ être un club de supporters : mais comme il n’était pas trop content de la société bouliste auquel il appartenait, il en a fait un club de pétanque.

En même temps, tu ne t’es pas montré trop gentil avec ses poulains, puisque tu les as battus l’an dernier en quart de finale du championnat de France?

(Rires) Oui, c’est vrai. Mais je crois qu’il ne m’en a pas voulu.

Tu n’es pas éducateur, mais tu es forcément un modèle pour beaucoup de jeunes joueurs. Quels conseils as-tu envie de leur donner?

J’ai le BF1, mais je n’enseigne pas, en effet. Ce que je conseillerais, c’est beaucoup d’entraînement : c’est ce que je faisais quand j’étais jeune, et c’est très important. L’autre conseil, c’est de rester calme : on est parfois provoqué lors d’une partie de boules. Il ne faut pas s’enflammer quand çà se produit, et ne pas répondre. Ensuite, tout est une affaire de don et de passion.

Mon fils Jonathan, par exemple, ne l’a pas : il a fait une demi-finale du championnat de France cadets, mais il préfère le football.

Quand tu repenses à toutes ces années, quels sont les moments les plus forts?

Il y en a beaucoup, mais j’ai été marqué par l’esprit de club qui règne au DUC. Pour moi qui adore jouer en équipe, la belle entente qu’on y trouve est quelque chose de formidable. Bien sûr, il y a le regret que Philippe soit parti : çà fait un vide, et les trajets sont longs quand on fait la route tout seul. Mais bon, la vie va continuer.

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"



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DYLAN ROCHER (article de Boulistenaute)

entretien du mois : Dylan Rocher, l'envol de l'aigle

Posté par BOULEGANle 2/9/2012 23:00:00 (3889 lectures) Articles du même auteur

Enfant prodige de la pétanque, le sociétaire du DUC gravit une à une les marches qui mènent au sommet. Avant de disputer, au sein de l'équipe de France, la finale des Masters et le championnat du monde, il s'est confié à boulistenaute.com. 

L'entretien du mois

Dylan Rocher, l'envol de l'aigle

 

 

 

 

Depuis ses débuts dans le haut niveau, l'enfant prodige de la pétanque gravit une à une les marches qui mènent au sommet. Empochant en un peu plus de deux ans deux Marseillaises, deux maillots tricolores, deux titres à Millau et une édition des Masters de pétanque, celui qui est à présent l'un des meilleurs tireurs du monde atteint peu à peu la plupart de ses objectifs, tout en réalisant en permanence le plus important d'entre eux : garder la tête sur les épaules. Entretien avec un jeune homme bien élevé.

 

 

Tu reviens des USA, où tu es allé disputer un tournoi à New-York. Qu'est-ce que ça fait de jouer à la pétanque devant des gratte-ciels ?

C'était magique. Si on m'avait dit, quand j'avais dix ou onze ans, que je jouerais un jour à la pétanque dans un parc de Brooklyn, je ne l'aurais pas cru. Nous avons été super-bien accueillis par Xavier Thibaud et Jean-Pierre Subrenat. Avec ma copine, on en a profité pour visiter New-York, faire un tour en hélicoptère : c'était un super-voyage.

 

Nous sommes au deux-tiers de la saison, et tu as déjà accumulé beaucoup de résultats exceptionnels. Quelle est l'image de 2012 qui te vient à l'esprit en premier, quand tu jettes un coup d'oeil dans le rétroviseur ?

La Marseillaise. Et les titres dans les Alpes-Maritimes, pour ma première saison là-bas. Des déceptions aussi, avec les défaites aux championnats de France avec Philippe Suchaud : on aurait bien aimé ramener un maillot.

 

 

Mais ce maillot, tu l'as ramené au bout du compte ?

Oui. Le mixte, c'était vraiment bien, avec un premier titre pour Christine Saunier, j'étais content. Un titre tous les ans, c'est un bon objectif, non ?

 

 

Tu vas disputer les prochains championnats du monde en compagnie d'Henri Lacroix, Philippe Suchaud et Bruno Le Boursicaud, après que la DTN ait testé, notamment lors des étapes des Masters, toutes les formations possibles. A ton avis, comment va s'effectuer le coaching lors de ces championnats du monde ?

Henri sera le pilier. Ensuite, je pense qu'on va tourner, essayer plusieurs choses économiser un peu Bruno qui va faire le concours de tir. Ensuite, ce sera en fonction de la forme de chacun, je suppose.

 

 

Est-ce qu'il y a des choses que tu redoutes, ou au contraire qui t'excitent particulièrement à l'approche de cette échéance ?

Ce qui m'excite, c'est de jouer devant autant de monde. Le Palais des Sports est très grand, et je crois qu'il est déjà presque plein. J'aime quand c'est plein, qu'il y a une grosse ambiance.


Ceux qui suivent le circuit des nationaux te connaissent depuis longtemps, puisque les Varois, notamment, se rappellent t'avoir vu gagner aux Arcs en tête-à-tête alors que tu avais à peine onze ans. Quand tu repenses à ces débuts extrêmement précoces, est-ce que tu as l'impression d'avoir brûlé les étapes, ou est-ce qu'au contraire tu penses avoir suivi un chemin progressif et logique ?

Je trouve que ça a été assez progressif. J'ai d'abord joué avec mon père, puis beaucoup en juniors, dans une bonne ambiance de copains, Perret, Coutanson  : d'ailleurs, j'ai la chance d'être toujours dans le groupe Espoirs, où je peux en retrouver certains. En fait, voilà, ça s'est déroulé de façon assez logique.

 

 


 

Le rôle de ta famille, de tes parents, dans tout çà, c'était important, je suppose ?

Bien sûr. Mon père m'a appris à jouer, mais aussi à me comporter : c'est quelqu'un qui est droit dans le milieu de la pétanque. La famille, quand on est un jeune joueur, ça compte en effet.

 

 

Un mot sur tes frères, Mendy et Gueven. Est-ce que tu penses qu'on te verra un jour faire équipe avec eux ?

 C'est un rêve, en quelque sorte. Nous avons des caractères assez différents, mais je pense qu'un jour, nous essaierons de voir ce que ça donne. Si ça marche, ça serait génial, et sinon, nous ferons toujours quelques concours par an ensemble.


Tu es en couple avec Lucie Rousseaux, qui est elle-même une bonne joueuse. Est-ce que çà, le fait de vivre avec quelqu'un qui aime la pétanque et la pratique, çà contribue à ton équilibre, est-ce que çà t'aide ?

Oui, c'est vrai que c'est bien d'être avec quelqu'un qui aime ça. Mais ce qui m'aide surtout, c'est qu'elle ne se prend pas la tête avec la pétanque. Elle peut rester plusieurs mois sans jouer, a d'autres centres d'intérêts  : c'est bien, je trouve.

 


A vingt ans à peine, tu a déjà gagné beaucoup de choses. Quel est la compétition (à part bien sûr le championnat du monde) que tu rêves à présent de remporter ?

J'aimerais bien être champion de France tête-à-tête. C'est une formule que j'aime bien pratiquer, et ce serait pas mal.

 


Quel est le joueur que tu as considéré, ou que tu considères encore, comme un modèle à suivre ?

Philippe Quintais. Et puis mon père bien sûr. Damien Hureau, aussi. Ce que j'aime chez Damien, comme chez Stéphane Robineau, c'est qu'on partage de bons moments de pétanque, mais aussi plein de bons moments en dehors : ils ne se prennent pas la tête, on rit ensemble, c'est important aussi de vivre ça.

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

 


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Les champions : Mort d'un géant

Posté par BOULEGANle 16/7/2015 21:50:00 (3661 lectures) Articles du même auteur
Pour quiconque l'avait vu jouer, il incarnait la classe absolue. Facilité du geste, pureté du style, Passo a ébloui, pendant plus de quarante ans, le monde de la pétanque. Il s'est éteint hier soir à l'Hôpital de Nîmes.


Mort d'un géant


Pour quiconque l'avait vu jouer, ne serait-ce qu'une fois, il incarnait la classe absolue. Facilité du geste, pureté du style, Passo a ébloui, pendant plus de quarante ans, le monde de la pétanque. Il s'est éteint hier soir à l'Hopital de Nîmes.

Jeunesse dorée

Tout jeune, à Nîmes, celui qui n'était encore que le Fils du Chef éclaboussait déjà de sa classe naissante le milieu de la pétanque gardoise. Repéré par Denis Salvador, le jeune Michel Schatz allait faire, sous la conduite de celui-ci, ses premières armes sur le circuit national. Rejoints par Roger Capeau, les deux hommes allaient bientôt former la meilleure équipe des années 80. Lauréate d'un grand nombre de concours nationaux, cette formidable formation ne parviendra pourtant jamais à s'imposer lors d'un France ou d'une Marseillaise. C'est néanmoins au sein de celle-ci que va s'épanouir le talent de Passo, qui s'impose peu à peu comme l'un des tireurs les plus doués qu'ait connu la pétanque.

Les années arc-en-ciel

Ce talent, jamais démenti, devait l'amener peu à peu aux portes de l'équipe de France et le propulsait, en 1991, jusqu'au titre mondial au sein d’une autre équipe de légende : avec Philippe Quintais et Georges Simöes, Passo allait disputer deux autres finales et gagner un nouveau titre, tout en faisant dans le même temps les beaux jours du Trophée Canal+. Ces années étincelantes au sein du groupe France, c'était aussi les années Millau, où en compagnie de Jo Farré, celui qu'on appelait alors le Mozart de la pétanque éblouissait, à chaque édition du Mondial, le public du parc de la Victoire.

Le team Nicollin

Mais le plus beau restait à venir : au début des années 90, Bernard Gasset et Loulou Nicollin avaient l'idée de réunir Marco Foyot et Passo. Associés à Jo Farré, les deux étoiles du Team Nicollin allaient former un duo incroyable, alliant charisme, gouaille et talent et drainant des foules énormes à chacune de leurs apparitions. C'est alors que le tireur gardois réalise un rêve qui le fuyait depuis longtemps : revêtir le maillot tricolore. Après un premier titre en mixte avec Martine Sarda, il devient champion de France en triplette en 1997, avant de rafler trois autres titres par la suite. De quoi, avec neuf victoires à Millau, une à Montpellier, une Coupe de France et une Coupe d'Europe, considérer son palmarès comme complet. Pourtant, la victoire qui lui aurait fait le plus plaisir, Passo ne l'a jamais eue : quatre fois finaliste et trois fois demi-finaliste du Mondial la Marseillaise, il revenait tous les ans dans les allées du parc Borély, à la poursuite d'un rêve toujours déçu.

Une légende accessible

Chacun l'aimait. Car Passo, ce n'était pas qu'un incroyable talent. C'était aussi un homme pétri de gentillesse, de sens de l'amitié, d'amour du jeu et de bonne humeur. On ressentait, en le regardant tirer, ce qu'on ressent en écoutant un oiseau chanter, un chevreuil courir, le bonheur simple et profond de contempler le don et la grâce. L'oiseau s'est tu hier soir, mais son souvenir restera longtemps dans la mémoire de tous ceux qui aiment la pétanque et les hommes vrais. A son épouse, à ses enfants, à Marco Foyot qui nous confiait ce matin l'immense perte qu'il ressent, à tous ceux à qui, durant toutes ces années, le merveilleux Passo a donné tant de plaisir, boulistenaute transmet ses condoléances attristées.

 Interview de Passo par Yves Clément lors

Joueurs de pétanque : PORTRAIT N°116 SCHATZ Michel dit "passo"

Posté par mamassele 16/7/2015 6:50:00 (186760 lectures) Articles du même auteur

N°116

 Nom : SCHATZ

Prénom : Michel

Né le : 14 Mai 1957 Décédé le 15 Juillet 2015.

Lieu de résidence : Nimes

Quel est origine de ton surnom :
Je n’ai pas souvent parlé de cela.
Il y a une tradition chez nous les gitans : à la naissance, le père donne un surnom aux enfants.
Mon père m’a donné ce surnom : PASSO 



 

 

Comment et pourquoi la pétanque :
J’ai grandi au milieu de joueurs de pétanque : mon père, des membres de ma famille jouaient aux boules, et dés l’âge de 13 ans j’ai commencé à jouer.
La pétanque était ma passion.

Tu as commencé comme tireur :
Oui dés que j’ai commencé à jouer à la pétanque j’ai été tireur, et j’ai toujours été tireur.

Quels sont les tireurs que tu as apprécié : Serge ROUVIERE, Roger CAPEAU, Didier CHOUPAY "pp".

Les joueurs de tes débuts : J’ai commencé à jouer avec Roger CAPEAU et Denis SALVADOR, j’avais 17 ans. Puis ensuite avec Jo FARRE et Denis SALVADOR.
J’ai commencé à être connu à cette période,  je jouais avec de très bons joueurs.

Tu as joué avec Raoul BONFORT et René MACARI :
J’ai peu joué avec eux, quelques concours.
J’ai fait 5 bol d’or avec BONFORT, MACARI, CAPEAU, SALVADOR

La fameuse histoire de la pièce sur une boule !
Ce n’est pas une légende, c’est véridique.
Cela m’amusait de taper une pièce posée sur une boule à dix mètres.

Comment c’est fait ta sélection en équipe de France pour le championnat du monde :
Suite à une sélection, il y avait quatre joueurs, QUINTAIS, SIMOES, FOYOT "C13MF", PASSO.
Quintais, Simoes sont retenus, il restait à choisir entre FOYOT et moi.
La décision de ma sélection c’est Quintais qui la prise, il a préféré un pur tireur.

 

 

Et c’est ton premier titre de champion du monde :
Ce n’était pas facile car il y avait trois équipes de France, pour remporter le titre il fallait battre les deux autres équipes.
Ce titre de champion du monde à 34 ans, c’est pour moi le titre qui m’a le plus marqué dans ma carrière.

Comment c’est passé la formation de la triplette FARRE, FOYOT, PASSO :  C’est grâce à une personne formidable et connue, Mr Bernard GASSET.
Lors d’un concours triplette en corse, à Ajaccio, il nous a proposé la formation de cette équipe, et il nous a recruté.
C’est le début de la triplette à Montpellier Ville.

Quelques temps après c’est Nicollin : Oui trois ans après c’est la création par Louis Nicollin de la ‘’ Dream Team’’.
Nous jouions beaucoup, souvent deux, trois concours par semaine toujours ensemble, ce qui a fait notre force.
Nous avons gagné de nombreuses et importantes compétitions.
Notre équipe était redoutée par beaucoup.
Pour moi c’est la plus grande période de ma carrière.

Après la consécration mondiale : les titres de champions de France : Cinq titres de Champion de France: deux en triplette, trois en doublette mixte.
Les championnats de France sont des compétitions difficiles, les meilleures équipes nationales sont présentes.
Il faut être au top les deux jours.

 

 

Pendant cette période, également beaucoup de victoires dans les nationaux :
Oui pas mal de victoires et non des moindres.
Un national qui est prestigieux c’est Millau.
Il faut pour arriver en finale disputer beaucoup de parties, les grandes équipes sont présentes.
Les finales souvent extraordinaires par le niveau de jeu.

Que penses tu des Masters de pétanque : C’est une compétition spectaculaire, avec quelques équipes composée de très bons joueurs.
Les Masters permettent aux spectateurs d’assister à une compétition différente des nationaux ou des championnats.
En plus c’est retransmis à la télévision.

Vainqueur des Masters 2008.

Ton palmarès : J’ai participé à 15 finales de championnats entre Monde et France.

Champion du Monde 1991 à Andorre avec Philippe Quintais et Georges Simoes

Champion du Monde 1993 en Thailande avec Philippe Quintais et Georges Simoes

Champion de France triplette 1997 avec Jo Farre et Marco Foyot

Champion de France triplette 2000 avec Jo Farre et Marco Foyot

Champion de France doublette mixte 1996 avec Martine Sarda

Champion de France doublette mixte 1997 avec Martine Sarda

Champion de France doublette mixte 1998 avec Martine Sarda

Champion de ligue PACA triplette 2007.

2011: Champion de ligue PACA triplette.

 

2012 : Champion de ligue Languedoc Roussillon Doublette.

2013 : Champion de l'Hérault Doublette.

2014 : Champion de ligue Languedoc Roussillon doublette mixte.

Palmares coupes et trophées : Vainqueur de la Coupe d’Europe, Coupe de France
Trophée Canal plus, Masters de pétanque

Palmares nationaux : Vainqueurs d’un très grand nombre de nationaux.

3 bol d’or de Genève (dont une performance avec Choupay, Quintais, Simoes, nous avons gagné les 23 parties sur les 23)  

2011: Vainqueur de l'Antiboise, La Verpillere, Aubenas, Orange, Finaliste au Puy en Velay, 1/2 à La Grande Motte

2012: Vainqueur de Millau hiver, à la Grande Motte, à Valréas, Finaliste à Besseges, 1/2 finaliste à La Verpillère et au Mondial La Marseillaise.

2013: Vainqueur à La Talaudière, finaliste à Ruoms et Limoux, 1/2 finaliste à Nyons, 1/8ème à Orange, Carmaux et Beaucaire.

Club 2014 : Castelnau-le-Lez (34).

Ton équipe pour 2014 : Doublette: Lysian Lamy lamytraille47

Doublette mixte : Martine Sarda titine

Catégorie 2014 : Elite

N° de licence : 03006052

Points 2010: 27 2011: 78 2012: 902013: 80

Es tu sponsorisé : Oui par Obut

Tu es un tireur d’exception pour le public que tu enchantes et qui se presse toujours pour te voir jouer, PASSO sera encore sur les terrains longtemps encore : Je suis un gagneur, j’ai plaisir à jouer, j’ai la passion de la pétanque, si en plus je donne du plaisir aux gens qui viennent me voir jouer c’est formidable.
Tant que le plaisir, la passion, l’envie, seront là, je jouerai.
Et la santé bien sur.

Amitiés à tous les boulistenautes
Michel SCHATZ

 

 

PASSO au tir au Championnat du Monde de 1996 à Essen en Allemagne.

 

Jeu provençal : Henri Lacroix s'est fait peur

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Autres sports - première journée du championnat de France doublettes à Montauban

C'est une compétition qui repart presque de zéro ce matin pour Henri Lacroix. /  Photos DDM, C. L.
C'est une compétition qui repart presque de zéro ce matin pour Henri Lacroix. / Photos DDM, C. L.

L'un des grands noms de la pétanque tricolore se débrouille aussi bien au Provençal même s'il avoue ne pas aimer la discipline. Présent pour la première fois à Montauban, il s'est fait très peur au cours de cette première journée.

Une petite boule qui peut ne pas tourner si rond que ça. Henri Lacroix sait plus que personne que tout peut arriver. Le pensionnaire du Rhône n'est évidemment pas un inconnu dans le petit monde du cochonnet tricolore, lui déjà de très nombreuses fois champion du monde de pétanque. Il est l'une des stars de la pétanque française alors quand il débarque quelque part ce n'est jamais anodin. La «longue» il ne la pratique pas souvent mais il est déjà de nombreuses fois champions de France de la discipline et sa qualification pour Montauban n'a rien du hasard. Ce matin il peut toujours décrocher le titre avec son compère Michel Loy. Mais c'est passer juste, très juste. Pour autant le garçon ne se prend pas la tête avec çà : «Vous savez, je joue deux fois au Provençal par an. Bien sûr que quand on joue on fait tout pour gagner mais c'est vrai que ce n'est pas une priorité pour moi et que je n'aime pas le Provençal car c'est trop long et il n'y a pas souvent du beau jeu à part peut-être les vraies stars du Provençal. Il y a les vraies stars et il existe des gens comme nous, qui essayons de brouiller les pistes». Montauban a déjà accueilli de nombreuses fois les meilleurs tricolores mais jamais Henri Lacroix n'était venu en la cité d'Ingres : «Non, je ne suis jamais venu ici, c'est une première. Le parc est magnifique même si pour jouer au Provençal les terrains sont un peu compliqués. Le souci c'est le goudron au sol dans le carré d'honneur et les cailloux ailleurs ; les arbres nous empêchent aussi de lever les boules très haut dans les allées. Mais ça reste marrant et il faut que l'on s'adapte».

Sur la corde raide

Henri Lacroix ne se met aucune pression à Montauban et a pris les matchs les uns après les autres. «Nous sommes là avec Michel pour nous faire plaisir, c'est un amusement. Mais cela ne veut aussi pas dire que nous sommes là pour faire de la figuration. Si nous avons la chance d'être encore présents dimanche, alors là on passera à autre chose». Une première défaite dans la matinée laissait entrevoir une sortie prématurée. Finalement le duo est toujours là ce matin. Ses favoris, «Je croyais que les champions en titre Fabrice Rouvin et Mohamed Benmostafa avaient une vraie chance ici, tout comme Laurent Matraglia associé à Philippe Stievenart». Une chose est certaine, le titre, Henri Lacroix peut toujours le décrocher.


Sur tous les fronts

Les bénévoles du Comité départemental se démènent sans compter. Et le président Laurent Rougier n'hésite pas à être au premier rang... comme lorsqu'il faut tourner les saucisses sur le grill ! Décidément rien ne lui échappe.


Les champions au tapis !

Il fallait s'y attendre, ce premier acte allait fatalement réserver son lot de surprises sur la très sélective surface riveraine du Tarn. Ainsi, Mohamed Benmostefa et Fabrice Rouvin, les doubles tenants du titre (Alpes-Maritimes), ont mordu la poussière tout comme Torres et Antigo, deux des lauréats azuréens de la dernière session nationale en triplette ! Par ailleurs, de nombreux tandems susceptibles d'être positionnés comme outsiders sur la grille de départ sont parvenus, a contrario, à se frayer un chemin vers le très convoité carré d'honneur. On pense ainsi aux Deux-Sévriens, aux Vosgiens et même aux Lorrains -de Meurthe-et-Moselle- que nul n'attendait à pareille fête. Sur un autre registre, des spécialistes des courtes distances ont mis un point d'honneur à rivaliser avec le noyau dur provençaliste. On pense à Christophe Trembleau et Julien Bua (Loiret), mais aussi à Michel Loy, le colistier d'Henri Lacroix sous la bannière lyonnaise des Canuts. Les multiples champions du monde de pétanque ont eu toutefois un peu de mal à composter l'un des trente-deux billets qualificatifs.

Thierry Tosato et Jean-Pierre Rauly, seuls rescapés tarn-et-garonnais. Un peu plus facile (quoique...) aura été le parcours des grandissimes favoris en provenance du Gard (Matraglia et Philippe Stievenart) tandis que les sociétaires de la ligue Midi-Pyrénées se sont dans l'ensemble fort bien comportés. Gersois, Haut-Garonnais, Aveyronnais -via l'inusable Diego Diaz- seront présents ce matin sur les coups de huit heures dans le carré d'honneur tout comme les Tarn-et-Garonnais. Coup de projecteur pour finir en effet sur Thierry Tosato et Jean-Pierre Rauly, les Montalbanais chers à Joël Dessaint et Alain Garcès. Jérôme Pizzolato et David Rougé, eux, ont baissé pavillon en 1/32e de finale.

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